À grandes gorgées de poussière

À grandes gorgées de poussière

Myriam Legault

Language: French

Pages: 77

ISBN: 2:00348509

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Martine, adolescente, habite un village qu’elle souhaite plus que tout délaisser pour la grande ville. Elle sent que si elle ne s’évade pas, sa vie sera sans envergure et désespérément prévisible, ce qu’elle refuse de tout son être. Mais avec l’arrivée de Nadine, citadine charmeuse, dégourdie et audacieuse, débute une amitié envoûtante et troublante. Elle inclut forcément Antoine, l’ami et complice de Martine depuis l’enfance. L’inévitable arrive : Nadine ensorcelle le bel Antoine et Martine est ballottée par ses réactions vives et confuses.

Ce roman initiatique plaira aux adolescents, mais ses ambiances finement évoquées interpellent aussi les adultes. Car ceux-ci ne sont pas à l’abri des aspirations irréconciliables et des conséquences imprévues de leurs choix.

The Polished Hoe

Le Filet : Une tragédie maritime

Anne's House of Dreams (Anne of Green Gables, Book 5)

Sunshine Sketches of a Little Town (Penguin Classics)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle est passée de Nadine l’étrangère à Nadine l’amie en un clin d’œil. Une branche casse contre un genou, un craquement déchire le silence de la forêt. — Salut, les filles! — Antoine! Où es-tu? — Ici. Derrière vous. Antoine nous rejoint, des branches plein les bras. Les plus longues s’accrochent au sol et tracent un sentier derrière lui. Si le Petit Poucet était ici, je lui dirais de prendre des notes : Traîne des branches au lieu de semer des miettes de pain, tu retrouveras ton chemin sans

d’œil et se dirige vers la cuisine. — Tu pourrais ben suivre son exemple! lance-t-elle à sa fille, qui a toujours les yeux fermés. Dans la cuisine comme dans le salon, le désordre règne. L’évier déborde de tasses sales. Le robinet verse une larme toutes les cinq secondes. Des sachets contenant des herbes douteuses et des bocaux remplis de grains et de légumineuses encombrent le comptoir, si bien que la mère doit les balayer du bras pour déposer ses sacs d’épicerie. — Veux-tu un café? me

disent ceci : Si tu ne t’éveilles pas à tes rêves, tu vas disparaître. — Disparaître? Les mains de Suzanne s’envolent dans un mouvement flou. — Métaphoriquement. — Ah! je dis, comme si je comprenais. Pour m’éveiller à mes rêves, dois-je ouvrir les yeux en dormant et disparaître par métaphore… c’est-à-dire cesser d’exister, mais pas complètement? Mes idées s’entortillent. La femme qui a vu mon avenir se lève et me dit : — Ne me pose plus de questions. C’est la dernière fois qu’on en parle.

table des grands. Je ne comprenais rien, sauf que mes parents gagnaient souvent. Aujourd’hui, je m’imagine mal ma mère avec un paquet de cartes entre les mains. Je me demande si elle pense aux joutes de cartes, aux grandes jases qu’elle avait avec les voisins. Elle n’en parle jamais. — Ma mère ne joue plus aux cartes. — Et ton père? Je me mords la lèvre. — Mon père nous a abandonnées quand j’avais sept ans. Suzanne secoue la tête et sa main droite s’envole sur son cœur. — Je suis désolée,

tellement facile de promener mes doigts dans ces cheveux-là… Qu’est-ce qui me prend? Je retire ma main. Niaiseuse, je suis niaiseuse. Je n’ai pas d’affaire à replacer les mèches de cheveux d’Antoine. Ses yeux de malachite se posent sur moi. Me jeter dans ses pupilles. Entrer en lui, plonger jusqu’à son cœur. À quoi penses-tu? Il n’a pas reculé quand j’ai touché ses cheveux. Peut-être qu’il aimait ça. Peut-être qu’il voudrait que j’enfonce mes deux mains dedans, que je lui prenne la tête et la

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