Au nom de Compostelle

Au nom de Compostelle

Maryse Rouy

Language: French

Pages: 149

ISBN: 2764402244

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Pour son cinquième roman à Québec Amérique, Maryse Rouy nous parle d'une époque qu'elle connaît bien et affectionne particulièrement : le Moyen Âge. Grâce à sa plume savante, qui ne tombe pas dans le piège de la leçon d'histoire, l'auteure nous sert une intrigue policière dans un décor inusité : la route du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais attention! Les pèlerins ne sont pas tous animés de la même piété. On pourrait même aller jusqu'à dire de chacun qu'il aurait pu commettre…

Explorant plus précisément la période qui correspond au déclin du catharisme, Maryse Rouy sait habilement mettre en relief les enjeux historiques du moment dans un cadre romanesque enlevant. Plus que la simple parenté des titres, Au nom de Compostelle n'est pas sans rappeler le chef-d'œuvre d'Umberto Eco, Au nom de la rose.

Pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle, les pèlerins, que l'on appelle jacquaires, suivent une des multiples routes de pèlerinage jalonnées de monastères aménagés pour les accueillir. Au début de l'été 1240, une caravane de jacquaires part de Montpellier. Parmi eux se sont glissés deux cathares. Émissaires de Trencavel, le vicomte banni de Carcassonne, ils sont chargés d'avertir ses fidèles qu'il va lancer une campagne de reconquête avant les vendanges. Dès la première étape, par une nuit de pleine lune, un jacquaire périt de mort violente. Son cadavre porte des traces de griffes et de dents. Qui l'a tué ? Un compagnon de route ou un de ces loups-garous dont tout le monde parle ? Chez les pèlerins, qui ont presque tous quelque chose à cacher, un climat de peur s'installe : peur de la malédiction qui semble peser sur la caravane, peur aussi de l'Inquisition qui mène l'enquête.

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cépée, à quelques pas. Quand les intrus furent tout près, ils reconnurent les mercenaires, eux aussi à la recherche d’un coin tranquille. Les propos des soldats étaient elliptiques, mais ils comprirent que Salines cachait dans sa besace un objet qu’il espérait vendre à Carcassonne ou à Toulouse, et dont tout le monde, surtout les cisterciens, devait ignorer l’existence. Cette besace, qu’il portait en bandoulière, Salines craignait qu’elle ne soit fouillée, ce qui lui vaudrait, à lui, d’être

ahuri. Peu avant matines, Dulcie se leva soudainement et poussa un cri de joie. Les jacquaires somnolents sursautèrent et leur attention se fixa sur elle. Le visage extatique, les yeux levés vers la voûte, elle annonça, d’une voix stridente : — Flors m’est apparue ! Elle est venue me parler ! Les pèlerins, que cette annonce avait réveillés, l’entourèrent et la pressèrent de questions, curieux de savoir ce que la jeune morte avait dit à sa mère. Dulcie ferma les yeux et s’absorba un moment

besace et faisaient apparaître soit du pain sec soit du lard était toujours délicat. Quoique cela ne leur coupât guère l’appétit, les nantis étaient un peu gênés de manger mieux que les autres. Pourtant, on ne leur reprochait rien. Mais l’envie était là, inévitable, qui donnait de l’aigreur aux pèlerins dont l’estomac n’était pas satisfait. Ce ressentiment trouva un exutoire lorsque Artigues arriva après que tout le monde eut terminé. Les jacquaires, qui se souvenaient de sa besace pleine de

qu’il la regardait. Elle n’eut guère le temps de réfléchir, encore moins de se sauver : il lui enfonçait dans l’avant-bras ses doigts durs comme des serres : — Pas un mot, dit-il, sinon… Il lui fit quitter le sentier et l’entraîna hors de vue de la route. Elle se débattit, mais il était fort, et elle était vieille. Il déchira l’inutile bandeau. Avec l’un des morceaux, il la bâillonna, avec le deuxième, il lui lia les poignets dans le dos. Puis il la fit tomber. Tétanisée par l’épouvante, elle

nocturne entre minuit et le lever du jour. 17. Consolament : ce sacrement, au rituel unique, a pour rôle de baptiser ceux qui adhèrent à l’hérésie, d’ordonner les religieux ou d’intercéder auprès de Dieu pour obtenir le pardon des fautes des mourants. 18. Qui ainsi fera, ainsi périra. 19. D’après la Razó du poème de Pierre Vidal � De chantar m’era laissatz ». 20. Première épître de Jean. 21. Cité par Anne Brenon, Les Femmes cathares, Perrin, 1992. 22. Michel Roquebert, Histoire des

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