Auguste Rodin (Dover Fine Art, History of Art)

Auguste Rodin (Dover Fine Art, History of Art)

Rainer Maria Rilke

Language: English

Pages: 112

ISBN: 0486447200

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


"Rilke's observations are wonderfully astute. For readers interested in either [sculpture or poetry], this volume is a treat." — The Christian Science Monitor
During the early 1900s, the great German poet lived and worked in Paris with Auguste Rodin. In a work as revealing of its author as it is of his famous subject, Rainer Maria Rilke examines Rodin's life and work, and explains the often elusive connection between the creative forces that drive timeless literature and great art.
Rilke served for several years as Rodin's secretary — living in the sculptor's workshops, watching the shaping of his creations, and discussing his views and ideas. Written in 1903 and 1907, these essays about the master's work and development as an artist mark Rilke's entry into the world of letters. Rodin himself paid the poet the ultimate tribute, declaring these meditations the supreme interpretation of his work. This excellent translation, complemented by 33 illustrations, will fascinate students of literature, philosophy, and art history.

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courante et plus profondément motivée. Il faut peut-être dire à ce propos que ce sont le plus souvent des étrangères, des Américaines, dont Rodin a exécuté les portraits. Il en est parmi eux qui sont d’un travail admirable, des pierres qui sont pures et intangibles comme des camées anciens. Des visages dont le sourire n’est nulle part fixé et se joue sur les traits avec une douceur si voilée qu’il semble, à chaque prise d’haleine, devoir se soulever. Énigme des lèvres closes ; yeux qui, par delà

quiconque voyait ces créatures, sentait qu’elles n’étaient pas nées d’un caprice ni d’un essai d’inventer en se jouant des formes nouvelles et inconnues. Elles étaient nées de la détresse. Par peur des juges invisibles d’une foi rigoureuse, on s’était réfugié dans ce monde visible ; de l’incertain, on s’était jeté dans la création. On les cherchait encore en Dieu : non plus en inventant des images et en essayant de se le représenter, lui, le trop lointain ; mais c’est en portant dans sa maison,

seulement sans savoir ce qui allait justement venir, comme le ver qui suit son chemin, dans l’obscurité, d’un endroit à l’autre. Car, qui saurait être dépourvu de toute prévention en présence de formes qui portent un nom ? Qui ne choisit pas déjà lorsqu’il nomme quelque chose visage ? Mais celui qui travaille n’a pas le droit de choisir. Son labeur doit être pénétré d’une obéissance partout égale. Sans avoir été décachetées, ainsi qu’un objet confié, les formes doivent passer entre ses doigts,

et ce n’est qu’en été que Rodin réussit à être de retour à Meudon avant le crépuscule. La soirée, dehors, est brève et toujours la même ; car à neuf heures, régulièrement, l’on se couche. Et si vous demandez quelles sont les distractions, les exceptions, je dois répondre : au fond il n’y en a pas ; le « travailler, ça repose » de Renan n’a peut-être jamais eu une BO Rodin_FRE_P-1_24 Feb 2011.qxp 2/25/2011 2:28 PM Page 165 165 BO Rodin_FRE_P-1_24 Feb 2011.qxp 166 2/25/2011 2:28 PM Page

166 BO Rodin_FRE_P-1_24 Feb 2011.qxp 2/25/2011 2:28 PM Page 167 167 BO Rodin 4C.qxp 168 11/04/2011 8:41 AM Page 168 BO Rodin_FRE_P-1_24 Feb 2011.qxp 2/25/2011 2:28 PM Page 169 validité aussi quotidienne qu’ici. Mais la nature parfois, à l’improviste, étend ces journées en apparence si semblables ; elle y ajoute des temps, des vacances entières qui précèdent le travail journalier ; elle ne laisse manquer aucune occasion à son ami. Des matins qui se sentent heureux l’éveillent, et

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