Gaby Bernier, Tome 2: 1927-1940

Gaby Bernier, Tome 2: 1927-1940

Pauline Gill

Language: French

Pages: 242

ISBN: 2:00347385

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Gaby Bernier : la «Coco Chanel du Québec » !

À la fin des années 1920, le Salon Gaby Bernier a le vent dans les voiles. Il offre des tenues originales et des confections à partir de matériaux jusque-là méconnus. Par son audace, Gaby attire l’attention de la société montréalaise.

Célibataire, elle voyage régulièrement en Europe, adopte un enfant, et vit une histoire d’amour avec Pit Lépine, joueur renommé du Canadien de Montréal.

Elle ose même porter ses propres créations lors de son défilé de mode au Ritz Carlton et en verse les profits au Children's Memorial Hospital.

IdentitéS (Autoportrait IX)

Never Cry Wolf

Un peu de fatigue

Exit Lines

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

l’homme qui commandait la petite troupe de soldats. Les fantassins, demeurés immobiles comme des soldats de plomb, attendaient les ordres de leur chef. Lorsque Gaby se résigna enfin à revenir s’asseoir dans la voiture, elle se blottit sur le siège comme un fœtus et elle se mit à sangloter comme un enfant puni. Elle me fit signe de faire demi-tour, sans me préciser si elle souhaitait que nous prenions la direction de Montréal ou de New York. Je demeurai fidèle à notre plan. Nous venions de quitter

chambre, elle l’entrouvrit. Le lit, vide ; le sac à main de Séneville, disparu du placard. � Éva doit savoir où elle est passée », présuma Gaby, s’empressant de nouer ses cheveux en chignon, d’enfiler un chemisier de soie bleue sur ses pantalons de rayonne gris et de dévaler l’escalier qui menait au Salon. — Je croyais qu’elle dormait quand j’ai quitté le logement, vers sept heures, dit Éva, alertée. Marcelle doit être au courant… Gaby n’avait pas le temps de remonter à l’étage et d’y attendre

revenait de déposer une cliente à son domicile. — Elle m’a paru très calme, mais déterminée, déclara Donio. Elle m’a dit avoir deux ou trois choses à régler et préférer les faire à sa convenance. Je ne lui ai pas posé d’autres questions, sauf sur le moment de son retour. — Et c’est quand ? — Elle va me rappeler pour que je la prenne à la gare… dans quelques jours. — Tu ne te fais pas de souci pour elle ? — Pas du tout ! Plus intense que le brouillard qui planait sur la vie des Bernier

pareillement couverts de miroirs reflétaient les touches dorées des meubles. L’élégance appelait l’élégance. Au nouveau Salon Gaby Bernier, tout comme chez Mlle Jamieson, les boissons chaudes allaient être servies dans un service à thé en argent et les petites bouchées dans de la porcelaine anglaise. L’aisance financière inspira à la veuve Bernier le goût de revoir Chambly. — C’est comme si ça me permettait d’enfermer dans une bouteille qu’on jette à la mer les épreuves vécues après la mort de

les ouvrières partirent sur la pointe des pieds. Gaby évoqua la fatigue et les bouleversements émotifs engendrés par les chambardements de l’automne pour excuser l’emportement d’Éva. — Je n’ai pas pris le temps de te dire que M. Posner est un homme d’une grande délicatesse, assez comparable à M. Louis. Lui et moi allons travailler en complémentarité. Ses fourrures sur mes confections, tu comprends ? Nos étiquettes respectives seront appliquées sur chacune de nos créations. Éva laissa tomber sa

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