GesteS (Autoportrait VIII)

GesteS (Autoportrait VIII)

Herménégilde Chiasson

Language: French

Pages: 20

ISBN: 2:00345389

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Sans connaître vraiment la durée du voyage, ni la direction des vents ou la profondeur des eaux, s’enfoncer avec l’espoir d’absorber dans ses yeux toute la masse fluide des cieux et des remous, et de voir apparaître soudain quantité d’aigles dont le vol puissant et serein répandra sa bénédiction sur le silence qui s’installe dans l’éloignement des voix, sur ceux qui de la terre agitent leurs mains, ignorant les termes du contrat à établir.

GesteS » est le huitième d’une série de douze ouvrages intitulée « Autoportrait », publiés au rythme d’un par mois en 2014. Chaque ouvrage répond à une consigne singulière et son titre débute par une lettre du prénom de l’auteur.

Le résultat est ample, chaleureux et tendre.

La Fille du Pasteur Cullen (La Fille du Pasteur Cullen, Tome 1)

Les Jours de l'éclipse

The Frozen Thames

Au bout de l'exil, Tome 3: L'insoutenable vérité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mêmes circonstances. La preuve de l’existence d’un cinéma pour les aveugles et d’une poésie pour les sourds. Interventions plates mais sympathiques de l’animateur, ses expressions pittoresques, qu’on expliquait à la Française qui nous accompagnait et qui riait à retardement. Le sommeil du juste Le grincement de la porte de la chambre no 8, malgré tous nos efforts pour ne pas réveiller l’occupant qui dort dans l’un des deux lits doubles qui couvrent presque toute la surface exiguë des lieux. Il

de se donner une forme nouvelle. Revoir dans sa tête les visages aimés, les mouvements simples et prenants comme la marche, cette histoire qui ressemble à un désir de se revoir enfant, tenu par la main d’un géant, d’une géante courant sur la glace, s’imaginer dans les bras de quelqu’un, se réinventer dans le cœur de ceux qu’on aime. La position qu’on y adopterait afin de s’y recroqueviller pour toujours. L’espoir à générer pour mériter un amour aussi éternel. Puis l’on gravit les échelons et la

femme qui gesticule, décrivant de grands cercles dans l’air du temps, qui pointe en direction d’un lieu qu’elle imagine, délimitant un territoire sur lequel des routes sinueuses apparaissent, formant un labyrinthe d’asphalte et de béton qu’il devient difficile à contenir dans une version abrégée et accessible. Puis la route s’allonge pour reprendre ses droits, elle se refait, refoulant la verdure dans la boue longeant la rivière. La chaleur envahit l’espace, le corps se fatigue d’une aussi longue

but avoué d’un apaisement, d’un contrat, d’une prière pour que la divinité descende sur la mince paroi qui nous sépare des origines, ces ondulations dont la mémoire retient le courant, plongeant à la vitesse du vent vers les récifs et les embuscades, le poids de l’histoire sur les épaules, la terrible malchance du temps accumulé, la volonté de retenir certains gestes définitifs, le moment venu de conclure de nouveaux traités entre les nouvelles tribus qui se sont formées. Sans connaître vraiment

que l’on voit passer tel un souvenir, une citation, quelque chose dans l’œil, un grain de sable, doucement, lentement, s’appuyant sur le bras de quelqu’un, autrefois habité par l’intransigeance et la gloire solitaire de n’être à la merci de quiconque. Je pense aux arbres, à leur volonté de survie, à leur rayonnement sublime contre le ciel et à leur projet de s’enfoncer au point de traverser la terre, de trouver un refuge dans l’air du temps, de savoir enfin ce qu’il y a au-delà des racines, si

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