La femme fragment

La femme fragment

Language: French

Pages: 0

ISBN: 2764406975

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


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vécu un jour de plus. Une chambre vide. Une porte… sans verrou. Un lit de fer. J’épie. Je retiens mon souffle. Dormir ne serait pas le mot. Ce cahier, ce crayon, à portée de main. J’ai tremblé de les prendre… Écrire… saisir une bouée… 24 août 1970 Ce matin, dans la cuisine, il a souri. Le soleil éventrait la pièce. Il a dit : � Veux-tu du café ? » Frissons. Sa courtoisie m’effarouche. 25 août 1970 Tout est calme. Fini la tempête ? Je n’y crois pas. Il a dit : � Tu peux rester le temps

aurait volé en éclats. Sept ans de peine, sept ans de malheur. L’angoisse me crispait les nerfs. Je me mis à pleurer en me mordant les poings. Tout en moi niait la vraisemblance de ce récit et de ce qu’il impliquait. C’était trop. J’essayai en vain de me rassurer, de me convaincre que le journal était le fruit d’une imagination malade, pure divagation d’un esprit perturbé, d’une vagabonde folle qui avait pris avantage de la laideur pitoyable de mon père. Sa peur du couteau : une hallucination ;

cœur se cherche un refuge. Après quatre ans de vie commune, elle m’a trompé avec un ami. Je l’ai chassée en la maudissant. À trente-deux ans, j’ai connu Émilie, sombre et froide, un écueil sur lequel je me brisais sans cesse. Elle m’a quitté trois ans plus tard avec des mots qui résonnent encore : � Tu m’empoisonnes l’existence. » Entre elle et Caroline, personne, m’étant juré de dompter mes passions ou bien d’en crever tout seul. Je vois bien que la vie est sans pitié : elle me ramène sans cesse

amour et perte. Je rentrais à Montréal pour m’éloigner le plus possible d’un futur que j’avais senti mien et qui m’échappait en raison de mon incapacité à réparer les fêlures du cœur. Sous mon apparence calme, la déchirure m’écorchait et l’amour qui avait brûlé trop haut se couchait dans la cendre. Anonyme parmi des centaines de voyageurs pressés, je sortis du terminal dans l’obscurité d’un soir d’octobre maussade. Je rentrais et ma ville s’offrait, indifférente. Tant mieux, car j’espérais m’y

n’aurait dû attirer l’attention, pourtant les têtes se levaient, les yeux s’attardaient. Il était lumière et chaleur. J’étais papillon, j’étais tournesol. Je m’étais consolée de Philippe assez facilement, malgré tout. Notre relation avait été un jeu d’approche naïf, presque puéril, et j’avais trop de vie en moi pour le regretter très longtemps. Quand un château de cartes s’écroule, les enfants ne s’empressent-ils pas d’en construire un autre ? J’avais connu un peu plus de deux mois d’un passage

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