La Mauvaise mère

La Mauvaise mère

Marguerite Andersen

Language: French

Pages: 67

ISBN: 2:00342888

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Marguerite Andersen a huit ans quand Hitler prend le pouvoir, quinze quand la Seconde Guerre mondiale éclate, vingt au lendemain de l’armistice. Yeux baissés devant l’horreur, toute à sa soif de vivre, elle tourne fin 1946 le dos à cette Allemagne. Enceinte, elle suit en Tunisie l’amant français qui deviendra son premier mari.

Ainsi s’amorce un parcours qui l’amènera, au fil de ses amours et de ses aventures, sur trois continents. Elle s’installe définitivement au Canada en 1958.

À la suite de Jean-Jacques Rousseau, ces confessions au féminin : l’auteure/la narratrice, en retraçant les moments importants de sa vie, spécialement ceux en rapport avec ses enfants, en lien avec son rôle de mère, questionne ses choix, fait l’aveu de ses erreurs. Moments choisis, fragments, présentés de façon chronologique et nourris par des réflexions actuelles sur ces souvenirs. La prose se fait parfois hachurée - angoissée ? - mettant à profit le blanc - pause, silence - parce que l’émotion, à travers le souvenir, le commande.

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aujourd’hui mes deux belles brus mariées fidèlement depuis trente ans ou plus avec ces deux hommes forts et probablement difficiles que j’ai mis au monde. Il est temps que je leur dise que je les admire ces deux femmes qui ont patiemment construit avec eux et leurs enfants des familles solides sans grandes querelles je les admire je les estime et les remercie. Au fond ne m’ont-elles pas dans un sens au moins rendu ma liberté? Maladroitement, je cache mon amertume En 1971-72,

Marguerite, crie halte, déclare que tu ne te marieras pas! Pas aujourd’hui, pas avec lui, tout enceinte que tu es, non, que tu ne veux pas te marier… Tu es forte, tu vas t’en tirer toute seule… Dis à l’homme et à ses deux témoins qu’il faut rebrousser chemin, prendre un verre quelque part, là, dans ce bar, au coin de la rue, discuter calmement. Grignoter des graines de soleil… Je franchis la porte. Ai-je le droit de priver cet enfant de son père? Est-ce là une question sentimentale? Qui me

pendant que le petit dort, admirer la multitude des fruits et des légumes, acheter les moins chers, rentrer en courant, le couffin plein, préparer et servir le déjeuner à l’homme rentré du bureau, faire la vaisselle, changer les couches, coucher l’enfant, faire une sieste en compagnie du mari, descendre le linge, repasser les chemises de cet homme, deux par jour, avec des fers en métal à chauffer sur le gaz, changer les couches encore et toujours de nouveau, promener l’enfant dans son landau, le

homme d’affaires par un Canadien – et leur fils habitent. Pourquoi ne pas les ajouter au groupe, Marguerite et son Martin? Il y a encore de la place à l’auberge. Viens, ton billet t’attend à l’agence Air France. Et je m’envole. Rien n’a pu me retenir. Ni les vaines menaces, ni les grandes promesses. Martin dans les bras, j’arrive à Londres. – Ne pense à rien, dit Marthe, n’explique rien. Tu es fatiguée. Monte à ta chambre, tu verras, celle avec les rideaux jaunes. Laisse le petit, je m’en

veut pas réciter les chiffres, lui annonce à voix haute et méchante qu’il aura maintenant sa raclée bien méritée. Qu’il en aura d’autres si jamais il continue à ne pas vouloir apprendre par cœur ce qu’on lui impose. – Baisse le pantalon! Mon fils tremble. Me fixe d’un regard anxieux. – Baisse ton caleçon! Les coups de ceinture sur le petit derrière blanc si innocent. Jamais personne ne m’a battue et pourtant, je n’interviens pas. Une bonne mère, n’aurait-elle pas protégé son fils? Ai-je peur

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