Marjorie Chalifoux

Marjorie Chalifoux

Véronique-Marie Kaye

Language: French

Pages: 104

ISBN: 2:00364587

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Dans un quartier populaire d’Ottawa au milieu du siècle dernier, Marjorie Chalifoux, jeune couturière de dix-neuf ans, mène une vie rangée et silencieuse à l’ombre d’un père irascible – un homme étrange rompu dans l’art de la conversation avec les morts.

Son existence tranquille prendra un tournant inattendu, et pour cause : elle est enceinte d’un amoureux qui a eu la mau­vaise idée de mourir dans un accident de voiture… Et elle doit l’annoncer à son père !

Poussée par le destin, elle cherchera à donner un nouveau sens à sa vie. Son périple, qui la mènera jusqu’à Montréal, lui fera rencontrer des personnages plus étonnants les uns que les autres. Elle goûtera à l’amour, aux plaisirs de la chair et apprendra – à son propre étonnement – qu’au fond d’elle-même se cachait une femme déterminée, débrouillarde, têtue et manifestement charmante.

Ce roman épique est teinté par un brin de folie très à propos, à la manière d’un Éric Dupont («La fiancée américaine», Marchand de feuilles) ou d’un Gabriel García Márquez. Empreint d’humour et de tendresse pour une humanité fragile, il laissera le lecteur ébloui par le talent de conteuse de l’auteure.

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– Des gens qui ont perdu leur femme ou leur mari. – Un genre de psychiatre? – Un genre de médium, répondit Marjorie. Il parle avec les morts. – C’est comme ça qu’il gagne sa vie? demanda Mrs. Virginia en fronçant les sourcils. – Oui. – Et votre mère? – Ma mère est morte. – Bien, rétorqua Mrs. Virginia après quelques secondes de réflexion. Il faut bien gagner sa vie, et mourir un jour. Vous faites le ménage? – Ce n’est pas mon père qui le ferait. – Alors montrez-moi, dit Mrs. Virginia.

grande mort brutale. Voulut se changer les idées : Aldonis! ses doigts si doux… Aldonis! sa langue qui savait fouiller entre ses jambes pour trouver le bouton d’or, comme il disait. Aldonis, qui aimait son odeur, sa saveur ; l’enroulait dans ses bras pour la couvrir de baisers. Oui, voilà : elle n’avait qu’à attendre qu’il lui déclare son amour, qu’il la pénètre doucement ou furieusement – les deux choix étaient satisfaisants –, et son petit problème disparaîtrait pour faire place à des années

était étalé par terre, jouissant de la chaleur de l’herbe, du soleil qu’il entrevoyait entre les feuilles d’un buisson, de la nature, qu’il connaissait peu ; et du sentiment merveilleux d’avoir atteint le divin. Il n’entendit pas Marjorie, ou s’il l’entendit, il en fit peu de cas. Et lorsqu’il vit qu’elle partait, il se dit qu’elle n’irait pas bien loin. Où pourrait bien aller une femme seule? Il lui fallait quelqu’un pour l’accompagner, pour retourner au magasin. Il ferma les yeux. Quand enfin il

doux – et retourna, presque brave, dans la cuisine ; voulait prouver à Dad qu’elle ne le craignait pas tant que ça ; terrifiée, pourtant. Elle prit un temps fou à enfiler l’aiguille, à piquer l’étoffe, à repasser l’aiguille de l’autre côté. Décida de découdre quelques points qui ne lui faisaient pas honneur. Se mit à les recoudre, consciencieuse, le plus lentement possible. – En tout cas, dit-elle finalement dans un souffle, je ne l’aime plus. Il est mort. Chalifoux, qui pourtant avait le

Je reste debout. – Vous serez moins bien debout, avait insisté Chalifoux. – Je veux rester debout, avait-il presque aboyé. – Comme vous voulez, avait dit Chalifoux, en s’asseyant lui-même. Dutil était un homme gigantesque. Du six pieds cinq, peut-être du six pieds six ou même du six pieds huit ; une tête de boxeur agressif ; et gros, aussi, avec un ventre qui semblait prendre toute la pièce. C’était une brute finie, toujours le mot pour trancher, pour dominer. À l’église, il écrasait les mains

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