Solstices

Solstices

Herménégilde Chiasson

Language: French

Pages: 65

ISBN: 2894232365

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Herménégilde Chiasson, dont l'oeuvre s’inscrit dans l’affirmation d’une Acadie moderne et contemporaine, publie un nouveau recueil de prose, «Solstices».

Qu'il soit d'hiver ou d'été, le souffle qui porte cette parole la fait voyager au rythme du temps, sur les sentiers du souvenir. Sur les lieux revisités, l'œil se nourrit d'indices pour reconstituer un passé à partir de structures ou d'objets à l'épreuve du temps, d'odeurs qui en émanent, de bruits qui les animent, de souvenirs qui les habitent.

Le lecteur plonge dans un univers intime et intérieur qui le happe dès la première phrase et ne le laisse sortir qu’à la dernière.

En avril 2009, Herménégilde Chiasson a remporté le prix Champlain pour son recueil «Béatitudes».

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regardent d’en bas. La conscience d’un destin transformé à notre insu pour ne plus être qu’une destination, un lieu sans recours, sans point d’aboutissement précis, un parcours s’étalant d’un point a à un point b, la lumière qui nous y conduit et l’oubli nécessaire, un dernier regard laconique sur les nouvelles de début de soirée, puis de fin de soirée et cette constatation navrante à l’effet que cette journée se soit passée sans qu’on l’ait vue. Ce matin il y avait cette femme d’Afrique, disons

s’inquiéter pour des moments qui n’ont pas été vécus à leur intensité maximale ou dont l’inconscience nous a momentanément échappé, perclus que nous étions à regarder ailleurs, à évaluer le cours des nuages dans la marche du temps, à nous concentrer sur la texture des matières ambiantes, à faire d’obsédants calculs, à regarder le temps qui s’effiloche, à nous laisser distraire par l’effet du vent sur la paroi du monde, le cours des marées, le sens de l’à-propos, le revirement soudain de toute une

malgré vous autour et vous vous laissez attendrir par le drame que vous devinez face à ces murs où le rangement fait figure d’expérience religieuse. Vous ne voyez rien d’anormal sauf un chat qui s’installe devant vous avec l’obsédante et indécente présence des animaux. Vous prenez en note qu’il est parfaitement agencé au tapis qui lui sert d’arrière-fond si jamais quelqu’un avait la mauvaise idée d’en faire un tableau exposable dans une galerie d’art. Vous parlez brièvement. Vous dites n’importe

ressembler à une sorte de code, d’avertissement à l’idée que ceci représente un aboutissement et non pas le simple divertissement que vous procure cette autre musique, ce bruit de fond qui s’échappe des prothèses dont vous disposez pour meubler le silence qui s’installe le long de ces routes interminables que vous parcourez sans cesse, sans entrevoir de lieu où vous pourriez vous arrêter et refaire un pacte avec l’air du temps. Au-delà de tout cela, il y a toujours le monde moderne où il devient

m’oublier, à te regarder et à me perdre à nouveau et j’invente l’amour une autre fois et je n’en crois pas mes yeux et j’irais ainsi le réinventant jusqu’à ce que l’hiver s’en aille définitivement ou qu’il s’installe plus blanc que jamais, plus blanc que le papier que tu tiens dans tes mains camouflées par le bleu de tes gants. À l’époque on sortait beaucoup, on faisait de longues distances, une activité pour mesurer le temps, pour lui trouver un usage insensé, un mode d’emploi compatible avec

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