Temps pascal (2e édition)

Temps pascal (2e édition)

Daniel Poliquin

Language: French

Pages: 124

ISBN: 2:00350412

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


« Longtemps j'ai refusé d'imaginer que « Temps pascal » connaîtrait un jour la faveur d'une réédition. Il y avait belle lurette que je n'aimais plus ce roman, pourtant mon premier, dans lequel je ne voyais que l'essai gauche d'un écrivain mal armé pour l'aventure littéraire. J'avais même honte du titre, que je croyais pourtant avoir pondu dans un moment de fantaisie débridée et qui m'avait seulement valu de voir mon livre rangé parmi les ouvrages religieux dans les librairies. Audace qui avait tourné au ridicule.

Rééditer un premier livre, c'est accepter de se voir tel qu'on était jeune homme. On est d'abord pris d'un fou rire un peu gêné, comme lorsqu'on feuillette l'album de photos familial et qu'on se revoit les cheveux longs et en chemise d'enfant-fleur quétaine. Suit la vague honte qui nous fait tomber les bras à la relecture de nos premières lettres d'amour, dont la sincérité rachète rarement la mièvrerie et les fautes de français. Enfin, on est trompé par cet orgueil mal compris qui nous fait croire à tort qu'on a dépassé tout cela, qu'on est rendu ailleurs, etc. À tort parce qu'on aperçoit aisément dans un premier livre l'écrivain qu'on va devenir.

Non, il faut oser y croire, une réédition est riche de surprises agréables. »

Postface de Lucie Hotte.

Rivière Tremblante

A Rhinestone Button

The Black Joke

L'Avaleur de sable

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

et de montrer au monde comment je m’appelle. Le soir, avant d’aller travailler, il suivait des cours de russe et de musique à l’Université d’Ottawa parce qu’il comptait reprendre les études qu’il avait abandonnées plus jeune. Il était entré à la mine à la mort de son père, qui était cultivateur près de Timmins. À l’époque, il y avait encore quatre enfants à la maison, il fallait un gagne-pain et Léonard s’était sacrifié comme sa mère disait. L’histoire de milliers de gens. Mais ce temps-là était

et en pantoufles, faisait un rapprochement entre l’interventionnisme soviétique dans les Balkans et les difficultés de l’industrie horlogère est-européenne. Plouffe l’écoutait, les yeux dans le vague, cherchant à comprendre, sans poser de questions. Le type était proprement phénoménal tellement il savait de choses insignifiantes. *** Philippe habitait chez Léonard depuis le mois d’août. Il était arrivé un soir avec un sac du magasin de la Baie d’Hudson contenant son livret de banque, son

disait Léonard, jamais il n’aurait laissé un seul fusilier marin approcher de la mer de Chine. � Comme les Russes en Afghanistan, les Américains du temps de Kennedy croyaient en avoir pour quelques semaines au Viêtnam. Quelques bombes sur les hameaux vietnamiens, un peu de propagande, des conseillers et du matériel made in U.S.A., et tout serait dit. Les méchants communistes seraient punis et les bons gars américains rentreraient chez eux contents de leur bonne action civilisatrice. Ils étaient

collés ou d’allumer les lumières quand ça chauffait trop. Les recettes de la soirée étaient versées aux bonnes œuvres du père Grégoire qui s’occupait des missions étrangères dans la paroisse. Jacinthe se rappelle encore avoir bu des gallons de Coke pour les petits Papous du vicaire Grégoire. Des fois, rarement, on invitait des orchestres. Ces soirs-là, il y avait des chaperons à toutes les colonnes : le curé le voulait parce que la musique � live », ça excite trop les jeunes. Fallait les

parler, c’est sûr. Mais on ne viendrait plus jamais à l’école humilier les enfants des pauvres qui n’allaient pas à la messe. Le lundi matin, monsieur Landreville, le président de la commission scolaire, arriva chez Dutrisac. Il avait sur lui de quoi payer le salaire de Dutrisac jusqu’en juin et une lettre de démission toute prête à signer pour l’instituteur. La famille était en train de manger le gruau et les toasts du matin. Landreville, grave, refusa de s’asseoir et demanda à voir Médéric,

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